10/08/2013

Mwenye jicho moja na dada yake


Mwenye jicho moja na dada yake.  L’enfant borgne et sa sœur


Autrefois vivait un sultan qui se maria et eut un enfant, une fille. Lorsque sa femme mourut, il confia la petite à sa seconde épouse, qui elle aussi avait une fille plus jeune mais qui était borgne. Lorsque la fille aînée du sultan se maria, la belle-mère dit à sa fille borgne :
« Va donc voir ta sœur pour lui tresser les cheveux et profites-en pour lui planter un pique dans la tête ! 
- Très bien... »
Les deux sœurs se retrouvèrent, elles cuisinèrent ensemble, mangèrent et se reposèrent.
« Découvre ta tête que je te tresse les cheveux », dit enfin la cadette.
Elle peigna sa sœur, sépara les touffes de cheveux et la piqua ! L’aînée aussitôt se transforma en oiseau tandis que la plus jeune s’allongeait sur le lit ressentant subitement une douleur :
« J’ai mal à la tête, j’ai mal à la tête ! » disait la jeune fille borgne.
Le soir venu, le mari s’étonna de l’absence de son épouse :
« Où peut donc être ma femme ? » se demandait-il et il resta un long moment silencieux avant de sortir.
Survint alors un oiseau, qui, rencontrant un esclave à l’extérieur de la maison, se mit à chanter :
« Esclave ! Esclave ! Où est ton maître ? Il est allé à la mosquée pour prier et faire l’appel, s’il vient, dis-lui de préparer la chaux, le bétel, le tabac, l’arec et le cachou ; la femme qui est à l’intérieur n’a qu’un seul œil... »
L’oiseau s’envola.



Lorsque le maître de maison revint, l’esclave lui dit :
« Un oiseau est venu et m’a chargé d’une commission.
- Un oiseau ? Qu’a-t-il dit ?
- Il m’a dit : ‘Esclave ! Esclave ! Où est ton maître ? Il est allé à la mosquée pour prier et faire l’appel, s’il vient, dis-lui de préparer la chaux, le bétel, le tabac, l’arec et le cachou ; la femme qui est à l’intérieur n’a qu’un seul œil...’.
- C’est ce qu’a dit l’oiseau ! Il reviendra ? 
- Je n’en sais rien. »
Le jeune homme décida de rester chez lui pour attendre l’oiseau. Lorsqu’il le vit arriver et chanter de nouveau, il ordonna :
« Allez chercher de la glu, que l’on piège cet oiseau ! »
On le piégea, on l’attrapa puis, en le palpant, on aperçut un bout de bois enfoncé dans sa tête. Le mari l’ôta et aussitôt, sa femme réapparut. Quand elle eut recouvré ses esprits et raconté sa mésaventure, le maître de maison décida :
« Que l’on prépare les pierres du feu ! »
On installa la grande marmite, on y mit de l’huile pour faire un riz pilaf, puis on s’empara de la jeune fille borgne que l’on coupa en petits morceaux pour la cuisiner.
« Faites parvenir ce plat à sa mère ! » dit le mari.
Il n’y avait maintenant plus rien à faire pour son salut, c’est elle après tout qui avait voulu tuer sa belle-fille.

Pour écouter ce conte, en swahili, c'est ici : 




Hakuna maoni:

Chapisha Maoni