03/12/2017

Malgré l’honneur et la vertu...


... Il faut ici montrer son c.

Marcel Aymé

Extraits de mon journal de "terrain", tenu à Kilwa, en Tanzanie, année 2008 (traduits du swahili)

En pays swahili, il n'y a guère d'Angélique ni de Daphné. La femme, disent les hommes, est toujours insatiable. Elle ne peut fuir le désir pressant de ceux qu'elle rencontre. Elle ne peut se refuser. Les nuits tropicales étant noires, il n’est pas rare d’apercevoir des amants se frôler aux abords des maisons avant de s’engouffrer gaiement dans les broussailles. Une nuit que je revenais de Mdachi par le sentier de la vieille mosquée, je fis un petit détour par le vieux mirhab effondré. Je voulais observer la rotation des chauves souris dans les coupoles de la salle de prière. La nuit était claire et la lune en avait fini de balayer l’horizon ; elle projetait alors ses feux dans l’enfilade des colonnes et il ne m’était pas difficile de m’orienter dans ce lieu qui conservait pour moi le souvenir de joyeuses frasques... Parvenu dans la salle d’ablutions, j’entendis le rire d’une jeune femme suivi immédiatement de quelques glapissements. Je voulus en savoir un peu plus et décidai de me dissimuler derrière les grandes colonnes du lieu saint. Lorsque je parvins à quelques enjambées du mirhab, je mis le pied sur une vieille gamelle, abandonnée là par un expert architecte de l’Unesco. Le fracas du récipient ayant rompu le charme, je fis mine de passer par là, comme si de rien n’était. Dans le noir, je crus apercevoir Mwajuma encore allongée dans le mirhab. Son amant était déjà debout, laissant retomber sa longue tunique et prêt à en découdre avec moi. Quel ne fut pas son étonnement de me voir sur ce chemin en pleine nuit, seul comme frère Laurent devant Roméo et Juliette.

Ce jour-là, je me dis que Voltaire s’était trompé ; j’avais eu le sentiment, dans ce qui avait été vécu comme un dérangement de nature à provoquer un déshonneur – la femme était une de mes voisines, parente de mon hôte – d’avoir renoué avec le voyage vicinal, celui que critiquait Pangloss mais qu’avait réenchanté Xavier de Maistre dans son admirable « Expédition nocturne autour de ma chambre ». Qu’elle fût mariée passait encore - quel homme, dans l’intimité, n’avait pas avoué avoir ‘ouvert le Coran’ sur le terrain de foot du village - mais il me fallait conserver le secret... Je ne pouvais me résoudre à jouer le rôle de Binet dans Madame Bovary... me taire devant le crime ! Convaincu que je devais mener l’enquête, j’en parlai à mon ami Hawaz, jeune homme dégingandé aux yeux chassieux et au nez camus, qui s’empressa aussitôt d’en faire des gorges chaudes et me montra toutes affaires cessantes l'enfant né de cette union clandestine. Je n'eus aucune peine à reconnaître dans son profil disgracieux l'oeuvre de son géniteur. Je savais désormais que dans ce pays tous les enfants n'étaient pas du même lit ou plutôt des mêmes ruines.


Sur ces sujets scabreux, Hawaz s’exprimait mieux qu’aucun orateur. Les affaires d’adultère dans le village le faisaient rire aux éclats, il était intarissable sur ces histoires et meilleur juge que personne. Aussi nous raconta-t-il comment, après avoir longtemps ‘cogné’ les chèvres en brousse, il prit du plaisir à sentir la main de son ‘greffon’ chuchu – une femme mariée, s’empressa-t-il de préciser, dont le mari, cocu comme Ménélas, ne dormait plus – remonter le long de sa cuisse pour voir s’il était bon à quelque chose ; mais le nec plus ultra était le moment où la belle maîtresse jouait avec ses ‘balloches’ pumbu, lui palpait le ‘scrotum’ tigo (ou kisambu) et lui saisissait le ‘vit’ chuma pour le diriger dans son antre charmant, autrement dit son ‘callibistri’ mbwecheche, quasi onomatopée pour désigner le ‘con’ mwandu lorsqu’il est prêt à donner de l’agrément. Ce que la plupart des jeunes du village appelaient le cognoir, le heurtoir – ‘l’emmanchoir’ mpini était de nos jours un peu dépassé  –  n’était pour lui qu’une ‘hélice’ propela, un ‘bout de ferraille’ chuma ou du ‘bon tabac’ tumbaku. Je trouvais en Hawaz ce que l’ethnologie ne pouvait comprendre – avec son jargon psychologique – et que notre littérature européenne s’était escrimée depuis longtemps à illustrer : comment rendre compte (ce langage a encore trop le goût fadasse des sciences humaines) de cette partie inexplicable en tout être, et qui peut prendre les formes les plus imprévues : humour, chimère, dada, excentricité, idée fixe, manie, aberration de l’esprit, etc. qu’un shandéisme bien mesuré comprend sous le terme de hobby-horse !

Hawaz est de cette espèce d’individus imprévisible qui aurait comblé de joie Laurence Sterne. Je l’ai surpris plus d’une fois vautré dans un petit voilier, pestant et jurant les pires insanités, la bouteille de ‘konyagi’ plantée dans la poche de son jean, et éructant dans son langage de regrattier des bordées d’injures que toutes les oreilles archipéliques ne voulaient pas entendre : kuma mamae, n’takufira mie !... et les passagers de faire grise mine, fixant l’horizon comme pour ne pas écouter ses excentricités. Aux yeux du commun, Hawaz offense le jugement et la bien-pensance swahili. Les caracolantes bouffonneries de ce jeune fou ne pouvaient s’accommoder au moralisme bon teint de ses contemporains. Avec L. Sterne nous restaurons la primauté des qualités individuelles dans l’ordre moral comme dans l’ordre esthétique. Dans un monde constitué d’étanchéités et de places fortes imprenables, où l’individu ne saurait exister qu’une fois solidement établi dans le nous collectif, s’accrocher à ses chimères coûte cher. Et plût à Dieu qu’Hawaz eut cessé ses incartades ! Car ses extravagances se muèrent très vite en idée fixe au point d’exclure de la pensée toute autre idée ou toute autre image que celle de rompre en visière contre l’esprit de son temps. Perdant à jamais (?) le sens de leur solidarité avec les autres, les individus, où qu’ils soient, finissent par compromettre leur appartenance à la même famille de cœur, ce qui provoque leur chute et leur déchéance. Dans cette malheureuse histoire, c’est souvent la société qui est perdante.

Un jour que je questionnais Hawaz sur ses prouesses nocturnes – pure curiosité d’ethnographe – je réalisai qu’il m’avait quitté la veille plus tôt que prévu prétextant qu’il préférait rentrer chez lui avant que de prendre froid. Il est vrai que la saison en cette période de juin était peu favorable aux ébats nocturnes, aussi j’eus un doute sur la sincérité du récit qu’il me fit par la suite ; certes, il n’était pas sans malice dans les descriptions qu’il me faisait de ses échappées en brousse – où il faisait un frais redoutable à cause des bas-fonds humides de Sake – pour trinquer du nombril mais la chose me paraissait impossible pour un garçon qui ne cessait de s’emmitoufler et qui se vantait en permanence de pratiquer le stupre. Je ressentis à son contact combien la société avait changé – qu’il était loin le temps des sotties et des gaietés nocturnes – le manganja n’avait décidément rien à voir avec cette parade virile que tous les vieillards auraient désavouée en ma simple présence, bien qu’ils en furent eux aussi dans leur jeunesse...

Si les hommes sont plutôt cabotins et fiers de leurs frasques, quoiqu’ils se gardent bien de se confier au premier venu, ils n’échappent pas pour autant aux piques féminines : tel Hamisi, connu pour avoir des érections incomplètes et que je devais rencontrer un jour chez Bui à Namwedo. Celui-ci prit des détours – cette merveilleuse obliquité qui rend les relations si délicatement pudiques – pour me dire que son épouse, qu’il venait juste d’épouser, était lasse de tâter du condiment bouilli et qu’elle n’hésiterait pas à en faire part à ses amies si le vit ne recouvrait pas son ardeur perdue. Le pauvre avait des velléités d’érection et n’en pouvait plus. Je lui conseillai la répudiation incontinent. Pour le convaincre je lui rappelai le sort fait à son voisin dont l’épouse Hadija, plus maligne qu’un singe, à qui son mari ne donnait plus aucun plaisir, avait un jour feint la maladie pour faire venir un ‘guérisseur’. Au moment où celui-ci lui administra une ‘ventouse par derrière’, le mari survint et voulut la taler à coups de bâton. Il lui en coûta cher car c’est elle, dans cette histoire, qui parvint à faire modifier l’appareil conjugal. Sur ce chapitre en effet, la gente masculine reconnaît qu’une femme est en droit d’exiger le divorce immédiat lorsque le mari ne la conduit plus au bonheur. Pour dire les choses à la manière swahili, le con ne peut attendre car l’esprit de la femme ne travaille que pour les besoins de son entrejambe, où l’habitude a plus de part que la raison.

                                   
                                                                                                                                                                 Photo@Frédéric Bacuez

La poitrine d'une femme ne fait pas partie des attributs érotiques : qu'elle ait la forme de petites mangues, ou qu'une femme étale des mamelles flasques et flétries comme des chapati, peu importe, l'homme est plus sensible aux ‘minauderies’ makogo, même s'il trouve toujours à redire, qu’elle ait toujours le miroir à la main, qu'elle affectionne tant les onguents – shedo, stiki et autres poda – sur ce chapitre, la femme reste le potage de l'homme, mam' supu yake ! A ce sujet d’ailleurs, Molière aurait fait des émules dans ces régions tropicales. Notre grand dramaturge n’y aurait-il pas plagié cette phrase que tous les côtiers ont à la bouche : "votre sexe n'est là que pour la dépendance : du côté de la barbe est la toute puissance" (L'école des femmes, v.695-700) ? Le vieux Ambe, que l'âge avait rendu lucide à ce propos, me dit un jour qu'il ne fallait jamais passer à proximité d'un groupe de femmes sans le saluer et lui faire des compliments. N'est-ce pas la raison de tous leurs fards, de tout cet art de s'arranger, de se faire le visage et de se mouvoir en se dandinant, kukata viuno, mm ! Une règle simple, finit-il par conclure : toujours leur mentir, leur faire croire au mariage, ndoa ya siku mbili ! Je mis à l'essai ces quelques conseils prodigués dans mon entourage pour tester – cela va de soi puisqu’il était hors de question que je me mariasse – la nature captieuse de la femme.

                                                           

Un jour que j’étais tardivement en train de reprendre mes notes en croquant un bout de manioc, une femme entra furtivement dans la pénombre dorée répandue par la lampe-tempête. Elle se glissa d'un pas léger jusqu'au fauteuil où je m’étais encagnardé, msuli troussé jusqu’à la ‘bûche’ ukuni. Je ne la reconnus pas immédiatement car elle était couverte d'une sorte de mantelet noir que les femmes mariées portent lorsqu'elles tiennent à rester dans un certain anonymat. C'était Rahama, cette jeune femme récemment divorcée pour avoir fauté avec un inconnu dans un champ de sorgho. Avant qu’elle ne vînt, Bwanga m’avait fait le récit de ses péripéties champêtres. Un voisin mal intentionné – qui la surveillait depuis longtemps à la demande expresse du mari infortuné – l'avait suivie et, avec la mine satisfaite de quelqu'un qui a découvert l'arche de Noé, se mit à hurler à pleins poumons pour avertir le quartier des crimes qui se déroulaient dans ses champs. Il faut dire que Rahama avait la réputation de se démener gaillardement ; elle avait tant de manières pour tenir la chevillette du muezzin qu'il aurait fallu toutes les trompettes du Jugement dernier pour décourager le maraud. Ce jour-là, la ribaude, mécontente de voir la besogne bâclée (elle ne comprit pas tout de suite pourquoi le verrou était si vite sorti de sa gâchette), retint un instant le morceau, prononça d'une voix détimbrée quelques mots incompréhensibles, pesta et frissonna bientôt de frayeur en voyant arriver une bande de manants à la mine patibulaire. Le cœur glacé d’angoisse, elle prit son air le plus ingénu pour crier son innocence ; n’avait-elle pas pris soin de mettre sa binette sous son pagne ? Quant à l’amant, qui n’eut guère le temps de se reculotter, il battit en retraite et s’enfonça dare-dare dans le rideau des longues tiges de sorgho, pour ne pas être pincé... Le lendemain, les baraza du village, tout entières en rumeur, apprirent bribe par bribe l’histoire de Rahama et beaucoup se demandèrent pourquoi on avait laissé filer le larron. Quelques témoins commentèrent joyeusement les différentes phases de cette équipée, chacun racontant très haut, et certains insistaient avec force sur ce détail pour le moins salace : le cul en fuite dans la parcelle était blanc !

En accueillant ce soir-là la belle Rahama dans mon petit salon, je ne m’attendais pas à ce qu’elle me présentât une lettre rédigée en français. Je l’ouvris et la lut rapidement. Elle disait à peu près ceci : « ma chère Rahama, tu trouveras dans cette lettre un billet de 20$ en souvenir de nos bons moments passés ensemble. J’espère revenir bientôt pour gâcher du bon mortier ... Ton JJ » Son auteur n’était autre qu’un ouvrier français, employé par l’Ambassade de France pour restaurer les vieux monuments de Kisiwani. C’était un homme mûr, plein de vitalité, du genre à faire gicler de la vie avec de gros calembours, à pisser contre un baobab costaud ou à déboucher un bon beaujolais dans la vieille mosquée. Ses conversations étaient grasses de boudins, de blanquettes de veau et de choux fleur. Rieur, tendre et jovial, il parvenait toujours à se faire comprendre en faisant de larges gestes à la Daumier. Son bilinguisme se réduisait à quelques mots : « wewe ? mimi ? tac tac ? » (toi ? moi ? tac tac). Et Rahama, qui à cette époque travaillait avec lui sur ses chantiers, de répondre, la pupille dilatée et la mine extasiée : « wewe, mimi, zawadi ! » (toi, moi, cadeau !). Puis elle lui faisait discrètement un signe d’intelligence pour indiquer où elle allait, et JJ, tout joyeux, répondait lui aussi par un large sourire qui disait tout le ravissement d’une âme vigoureuse et saine. Récemment, un vieux puriste de Kisiwani m’exhorta à ne pas noter dans mes carnets le vocabulaire des jeunes du village. Pensait-il à cette nouvelle expression, kutaktaki (faire tac tac) ? J’eus du mal à lui faire comprendre que parfois le contact des langues devait se pratiquer en dessous de la ceinture !

Le lendemain lorsque je dis à Bwanga que j’avais enfin identifié le coupable de l’affaire Rahama, je ne pus m’empêcher de lui souffler que je voyais dans cette scène un beau sujet d’assassinat mais il me répondit que dans ce cas il faudrait tuer toutes les femmes. Mon ami avait des arguments. Il attira mon attention sur une dispute récente, survenue dans notre voisinage immédiat chez Mirumba. Ce jeune garçon, qui n’avait qu’une vingtaine d’années, crut bon de s’enticher d’une nouvelle épouse que je m’étais empressé de "cadeauter", non pas pour me la concilier mais pour désarmer l’envie que mes fréquentations assidues auprès de sa co-épouse auraient pu éveiller si je m’étais abstenu de lui faire bon visage. Mal m’en prit car ce faisant je déclenchai l’ire de la première ! Tout commença de la manière la plus banale : elles échangèrent une poignée de sel, puis commencèrent à se chipoter. Le ton monta d’un cran, elles se défièrent et s’injurièrent copieusement avant de se jeter l’une sur l’autre pour se flanquer les ongles dans la figure et s'entredéchirer de la belle façon. Les kanga échenillés, elles roulèrent dans la poussière, prêtes à s’entretuer lorsqu’un voisin intervint pour les séparer. Puis Mirumba arriva, rossa la première, molesta la seconde, répudia la première, assigna à résidence la deuxième. Tout le quartier rit sous cape. Les langues se délectent : on eut dit des poules à qui on jette du grain, disent les uns ; elle s'est jetée sur le plat comme un milan sur un poussin, commentent les autres. Lorsque Mirumba nous rejoignit quelques jours plus tard en baraza, je ne pus m’empêcher de lui lancer quelques piques, lui rappelant que nous ne l’avions pas vu depuis plusieurs jours, et que nous nous demandions s’il n’était pas souffrant. D’allusion en allusion, le jeune homme montrait beaucoup de raideur et, par inadvertance ou par bonheur, le vieux Nkarakara, qui ne s’embarrassait jamais d’aucun principe, évoqua le tumulte d’une petite querelle de voisinage, feignant d’en ignorer la provenance. Qui ne connaissait Nkarakara ne pouvait pas savoir combien, à ce moment précis, il était possédé d’un désir ardent d’obtenir un effet théâtral. Mirumba en parut d’abord très inquiet, restant silencieux comme c’est l’usage lorsque l’honneur et la vertu risquent d’en pâtir puis détourna la conversation du mieux qu’il pût. Mirumba me confia plus tard, dans l’intimité, son sentiment sur la question de la femme et conclut de cette formule qu'il aurait pu emprunter à Erasme : un singe est toujours un singe, même lorsqu'il revêt une tunique.

Un autre jour que je venais de déclarer qu’aucune fille ne pourrait se flatter que je l’eusse foutue, je vis Nasra la pudique, la gorge quasiment découverte, m’empêchant de sortir de ma chambre... Certes Nasra avait des seins comme des mappemondes que l’on porte devant soi (expression de T. Gautier ?), et je savais que tous ceux qui avait fait cattleya avec elle en étaient revenus exténués, non pas qu’elle eut un tempérament volcanique mais à cause que son callibistri était, paraît-il, d’un gabarit admirable. Heureusement, Hawaz et Bwanga, qui n’étaient pas loin, survinrent et me tirèrent de cette mauvaise passe. En soirée Bwanga me demanda pourquoi je ne m’étais pas encore déterminé avec sa cousine. Je lui répondis que dans ce cas il me faudrait prendre parcelle pour l’alimenter puisqu’on était au village où seules les solidarités du même pot sont les assises de l’amour conjugal. La mine réjouie de m’imaginer courbé dans la glèbe avec une binette, il opina mais consentit aussitôt que j’étais somme toute un peu trop dépigmenté pour la chose. Cela ne m’empêchait pas néanmoins de la ‘serrer’ kukwenchi un jour ou l’autre, car il était important à ses yeux que le quartier sût de quel ndunga j’étais armé. J’aurais aimé lui dire que tout le monde n’était pas comme Musset à lancer des paris à la cantonade comme celui d’accomplir un coït devant Mérimée et Delacroix, sur un lit entouré de vingt-cinq chandelles allumées, et que je n’étais pas non plus comme le baron de Charlus à me faire flageller dans un mauvais bouge - tant je pouvais craindre qu’on m’obligeât aux « noces de la natte » ndoa ya mkeka - mais ces quelques références ethnocentriques n’évoquaient rien pour mon ami. Pour autant, l’incommensurabilité des mondes trouva ce jour-là son dépassement structural (sic) dans ce trait d’esprit, emprunté à Marcel Achard, que je lui donnai : « il n’y a que deux sortes de femmes : celles qui trompent leur mari, et celles qui disent que ce n’est pas vrai ». Mon ami en rît à gorge déployée tandis que je pensais à tous ces pisse-froid de l’ethnologie qui n’en peuvent mais de bandocher dans le fond de leur boutique.

Hakuna maoni:

Chapisha Maoni